Archive pour juin 2010

Denise 84 ans: «Ne me parlez pas de maison de retraite» (article 20 minutes)

Vendredi 18 juin 2010

Le viager permet de doubler sa retraite !

TEMOIGNAGE – Cette retraitée raconte comment elle a choisi de vivre seule dans son logement…

Alors que Nora Berra, secrétaire d’Etat aux Aînés, veut favoriser le maintien à domicile des personnes âgées, 20minutes.fr a recueilli le témoignage de Denise Rousseau, 84 ans, qui vit toujours chez elle.

«Des interviews, j’en ai faites! Pour des radios, des télévisions, j’ai même tourné dans un film! Alors, vous savez, j’ai l’habitude!», prévient d’emblée Denise Rousseau. Cette ancienne couturière dans la lingerie féminine, élue «meilleur ouvrier de France» en 1979 a choisi de vivre seule, dans son logement du 15e arrondissement.

«Ne me parlez pas de maison de retraite», s’emporte-t-elle. Ma mère y était, et ce n’est pas beau. On ne s’occupe pas des gens, on les colle dans des fauteuils roulants, et voilà. Si vous avez votre tête, vous êtes capable de rester chez vous. Et puis, j’ai les moyens d’embaucher une aide. Depuis que j’ai mis mon appartement en viager, je double ma retraite.»

Une dame de compagnie

Très autonome, Denise sort faire ses courses, se prépare à manger. Elle emploie simplement via Age d’Or Service une personne pour l’aider chaque mardi à faire son ménage. Une employée qui se mue le vendredi en dame de compagnie. Toutes deux parlent alors de peinture, de ballet, de musique et de couture. «Je ne suis pas malheureuse puisque que l’on vient me voir.» Une façon de poursuivre sa vie d’avant, faite de voyages et de rencontres avec ses célèbres clientes, femmes de ministre, baronnes et chanteuses.

«Ceux qui peuvent rester chez eux sont beaucoup plus heureux que les autres, contraints d’aller en maison de retraite.» Pour Denise, c’est la meilleure solution, car «ça revient moins cher. Chez vous, vous avez vos meubles, votre intérieur, vous n’êtes pas déportée.» Alors, pour améliorer son quotidien, elle ne voit qu’une chose: s’attacher les services de sa dame de compagnie deux jours de plus par semaine. «Je m’attache à elle, elle est devenu pour ainsi dire une amie.» Et tant pis pour l’argent, «je l’emporterai pas au paradis».

Ingrid Gallou
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Ils font bouger la France : longtemps tombé en désuétude le viager revient

Mardi 15 juin 2010

Petit lexique viager

Vendredi 4 juin 2010

Aléa : la condition sine qua non du viager, qui, par définition, n’existe que s’il y a un risque à courir !

Aliénation du capital : dès la signature du contrat, le capital ou le bien appartient à l’acquéreur. Il est alors aliéné.

Arrérage : montant dû périodiquement au rentier.

Bouquet : somme versée à la signature du contrat.

Crédirentier : bénéficiaire de la rente.

Débirentier : personne qui verse la rente.

Droit d’usage et d’habitation : droit du vendeur de rester dans sa maison.

Rente viagère réversible : rente dont les arrérages sont dus au rentier jusqu’à son décès, puis à un tiers dit “corentier”, jusqu’à la mort de celui-ci.

Viager libre : le crédirentier n’occupe pas le bien, qui peut être mis en location par le débirentier. Ce dernier est bénéficiaire des loyers.

Acheter en viager : un véritable investissement gagnant-gagnant

Jeudi 3 juin 2010

Par Anne Michel, le 31 mai 2010

Le viager, spéculation sur la mort ? Non, un contrat gagnant-gagnant, qui permet à l’acheteur de devenir propriétaire dans de bonnes conditions et au vendeur de s’assurer une rente à vie, une bonne idée au moment où les retraites sont menacées.

Pourquoi acheter en viager ?
Cette formule vous permet de devenir propriétaire avec une faible mise de départ (le bouquet) par rapport à la valeur du bien, sans passer par l’intermédiaire d’une banque. En contrepartie, vous êtes soumis à l’aléa de la durée de vie du vendeur, qui, à l’inverse d’un prêt, ne peut être défini au départ.

Vous deviendrez alors débirentier et, à ce titre, vous verserez une rente au vendeur (le crédirentier), de la même façon qu’un acheteur réglerait ses échéances de prêt. “Beaucoup d’expatriés s’intéressent à ce placement”, note un professionnel. Ils investissent leurs indemnités de mobilité dans ce type d’achat à Paris et dans la région, afin de le récupérer à leur retour en France, par exemple. “De nombreux Parisiens misent aussi sur la Côte d’Azur via cette formule”, selon André Mattei, P-dg de l’agence Sud Viager à Marseille.

Bien que ce marché reste confidentiel, des annonces circulent sur le Net (www.solutionviager.com, www.viager-libre.fr, www.viagers-occupe.fr…) et certaines agences sont spécialisées dans ce type de vente.

Acheteur : vos 5 critères de valorisation
Qu’on le veuille ou non, acheter en viager oblige à s’interroger sur la longévité du vendeur. “Si le viager se dénoue dans quinze ans, il y aura un équilibre entre l’intérêt de l’acquéreur et celui du vendeur. Avant, l’opération sera à l’avantage du premier ; après, ce sera à celui du second”, explique Michel Artaz (1), directeur du Centre européen de viagers (wwww.fgp-cev.com). En revanche, si l’un des deux retraités devient centenaire, l’opération perdra tout son intérêt…

Plusieurs variables entrent en ligne de compte lors du calcul de la rente : la valeur vénale du bien, le bouquet, l’âge du vendeur, les charges. Le montant de la rente est déterminé librement entre les parties. Si vous faites appel à des professionnels, il faudra noter que les spécialistes n’utilisent ni les mêmes tables d’espérance de vie, ni les mêmes méthodologies. D’où des différences sensibles dans le montant de la rente. Certains spécialistes tels que Michel Artaz conseillent d’exiger des professionnels la mention du taux de rendement interne net du placement que peut espérer le vendeur au terme de son espérance de vie présumée. D’autres utilisent divers barèmes.

Malgré ces règles floues, il s’agit d’être prudent dans la détermination du prix final : la jurisprudence précise que celui-ci ne peut être “vil” ou “dérisoire”. Plus précisément, ce montant ne peut pas, pour un viager libre, être inférieur à la valeur de rendement du bien. On verra que le respect de cette jurisprudence est important, notamment en cas de recours des héritiers ou de l’administration fiscale.

Quid des impôts ?
Pour le loyer occupé, la répartition des charges dépend, là encore, d’une “convention entre les différentes parties, selon Alexandre Suay, avocat à Paris. En général, elles suivent les règles d’un bail classique”. Le vendeur réglera la totalité des travaux d’entretien et des réparations locatives et l’acheteur supportera les autres réparations. Au premier revient la taxe d’habitation, au second la taxe foncière. Notez que les rentes versées ne sont pas déductibles de l’impôt sur le revenu. En revanche, le capital constitutif de celles-ci apparaît au passif de l’ISF.

Vos 5 précautions indispensables
Assurez-vous de pouvoir payer votre rente à long terme. Le non-paiement des échéances peut conduire à une restitution du bien au vendeur, avec le risque que les arrérages et le bouquet restent acquis à ce dernier.

Souscrivez une assurance décès. “En effet, si l’acheteur décède avant le vendeur, le paiement de la rente sera transmis aux héritiers. Or ceux-ci ne sont pas toujours en mesure de l’acquitter”, prévient Alexandre Suay.

Eviter de n’acheter que la nue-propriété en viager. En effet, le rentier pourra alors louer le bien. Et vous prendrez le risque, une fois que le vendeur est décédé, qu’un locataire soit dans les lieux pour une période pouvant atteindre neuf ans !

N’oubliez pas de déclarer les sommes versées au crédirentier, sous peine d’être passible d’une amende égale à 5% de ces versements. Dans votre budget, n’omettez pas d’intégrer les charges annuelles du bien, mais aussi les frais de notaire ; ceux-ci seront calculés sur la valeur du bien occupé (inférieure à la valeur libre) si le vendeur reste dans les lieux.

1. Auteur de Viagers, régime juridique et fiscal, aux éditions Dalloz.

Source : Article Moneyweek

Vendre en viager : pensez à calculer votre rente pour assurer votre pouvoir d’achat !

Mardi 1 juin 2010

Par Anne Michel, le 31 mai 2010

Pourquoi vendre en viager ?
Propriétaire d’une villa, vous désirez couler vos vieux jours chez vous et vous assurer une retraite confortable. Une préoccupation d’autant plus légitime, aujourd’hui, que les retraites sont menacées. Vendre votre bien en viager peut être une solution à retenir. Outre le bouquet, vous recevrez une rente à vie, qui plus est indexée sur l’inflation. Mais, si vous voulez vous assurer des revenus décents, inutile de vous improviser rentier avant 65 ans dans le cas du viager libre et avant 75 ans pour le viager occupé.

Vendeur, vos 2 choix : droit d’usage et importance du bouquet
Qu’il s’agisse de l’acheteur ou du vendeur, les méthodes de calcul de la rente restent identiques. En fonction des solutions choisies, des ajustements seront à prévoir. Ainsi, en tant que crédirentier, vous bénéficiez du droit d’usage et d’habitation, mais vous ne pouvez pas louer, même temporairement, votre villa. Or vous pensez entrer dans une maison de retraite dans quelques années ; dans ce cas, optez pour l’une des solutions suivantes : soit vous prévoyez une augmentation de la rente en cas de départ anticipé, soit, si vous êtes certain de quitter votre villa à une date donnée (dans 10 ans, par exemple), vous limiterez votre durée d’occupation à 10 ans. “Le calcul de la valeur occupée sera alors effectué pour cette période limitée. En revanche, la rente, elle, sera calculée sur votre espérance de vie”, selon Michel Artaz. La rente sera plus importante si vous optez pour le viager libre. “Elle sera comprise entre 3 200 et 3 800 euros mensuels pour un bien d’une valeur de 700 000 euros vendu avec un bouquet de 150 000 euros par une crédirentière âgée de 75 ans”, évalue Michel Artaz, soit plus du triple de la rente d’un viager occupé !

Notez que, pour assurer votre pouvoir d’achat, une clause d’indexation de la rente (sur l’indice des prix à la consommation, du coût de la construction, etc.) devra être mentionnée dans votre contrat. En cas de désaccord entre vous et l’acheteur, la réévaluation se fera selon un barème mis à jour annuellement par la loi de finances.

Quid des impôts ?
Vos revenus seront imposés de manière dégressive : 70% au-dessous de 50 ans, 50% entre 50 et 59 ans, 40% entre 60 et 69 ans et 30% après 70 ans révolus. Par ailleurs, le capital représentatif de la rente au 1er janvier de l’année d’imposition entre dans l’assiette ISF. Notez qu’il y a une exonération des droits de succession en cas de réversion entre époux et entre parents en ligne directe.

Vos 3 précautions essentielles
De par la spécificité de la vente en viager, le bien est dit “aliéné”. A votre décès et en l’absence de clause de réversibilité, vos héritiers n’auront aucun droit sur le bien. Mieux vaut les prévenir, afin d’obtenir leur accord.

L’opération qui consiste à vendre à un tiers, que vous voulez favoriser, en lui consentant une rente inférieure à la valeur du marché est déconseillée. Les héritiers mais aussi l’administration fiscale pourront tenter de l’annuler. Par ailleurs, s’il est prouvé que l’acheteur est au courant de la maladie du vendeur, la vente pourra être annulée pour absence d’aléa.

Veillez à ce qu’une clause vous protège en cas d’impayés. Celle-ci doit vous permettre de demander l’annulation du contrat de vente en cas de “défaut de paiement d’une échéance” ou de “défaillance de l’acquéreur”. Votre notaire mentionnera dans l’acte les garanties nécessaires à votre protection.

Article Moneyweek