Denise 84 ans: «Ne me parlez pas de maison de retraite» (article 20 minutes)

Le viager permet de doubler sa retraite !

TEMOIGNAGE – Cette retraitée raconte comment elle a choisi de vivre seule dans son logement…

Alors que Nora Berra, secrétaire d’Etat aux Aînés, veut favoriser le maintien à domicile des personnes âgées, 20minutes.fr a recueilli le témoignage de Denise Rousseau, 84 ans, qui vit toujours chez elle.

«Des interviews, j’en ai faites! Pour des radios, des télévisions, j’ai même tourné dans un film! Alors, vous savez, j’ai l’habitude!», prévient d’emblée Denise Rousseau. Cette ancienne couturière dans la lingerie féminine, élue «meilleur ouvrier de France» en 1979 a choisi de vivre seule, dans son logement du 15e arrondissement.

«Ne me parlez pas de maison de retraite», s’emporte-t-elle. Ma mère y était, et ce n’est pas beau. On ne s’occupe pas des gens, on les colle dans des fauteuils roulants, et voilà. Si vous avez votre tête, vous êtes capable de rester chez vous. Et puis, j’ai les moyens d’embaucher une aide. Depuis que j’ai mis mon appartement en viager, je double ma retraite.»

Une dame de compagnie

Très autonome, Denise sort faire ses courses, se prépare à manger. Elle emploie simplement via Age d’Or Service une personne pour l’aider chaque mardi à faire son ménage. Une employée qui se mue le vendredi en dame de compagnie. Toutes deux parlent alors de peinture, de ballet, de musique et de couture. «Je ne suis pas malheureuse puisque que l’on vient me voir.» Une façon de poursuivre sa vie d’avant, faite de voyages et de rencontres avec ses célèbres clientes, femmes de ministre, baronnes et chanteuses.

«Ceux qui peuvent rester chez eux sont beaucoup plus heureux que les autres, contraints d’aller en maison de retraite.» Pour Denise, c’est la meilleure solution, car «ça revient moins cher. Chez vous, vous avez vos meubles, votre intérieur, vous n’êtes pas déportée.» Alors, pour améliorer son quotidien, elle ne voit qu’une chose: s’attacher les services de sa dame de compagnie deux jours de plus par semaine. «Je m’attache à elle, elle est devenu pour ainsi dire une amie.» Et tant pis pour l’argent, «je l’emporterai pas au paradis».

Ingrid Gallou
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