Archive pour la catégorie ‘Articles sur le viager’

Le viager – Opportunité ou pari sur la mort ?

Dimanche 22 janvier 2012

Très controversé, ce mode d’accession à la propriété est pourtant en pleine progression. Alors que certaines agences immobilières se spécialisent sur ce type de transaction, les avantages fiscaux liés à ces opérations vont sans doute attirer plusieurs de nos séniors. Au risque de faire grincer les dents de ceux qui considèrent le viager comme une option sur la mort.
Certains d’entre nous se souviennent peut-être du film Le viager de Pierre Tchernia dans lequel Michel Serrault survivait à une famille entière à qui il avait cédé sa maison en viager. De même, l’incroyable Jeanne Calment, la doyenne des français, est décédée en 1997 à l’âge de 122 ans, bien après son créancier. Ces exemples parfois drôles, parfois inquiétants mettent en évidence l’un des risques majeur du viager. Payer toute sa vie une rente pour devenir propriétaire et finalement ne pas en bénéficier. Si on y regarde de plus près, c’est tout de même un peu la même chose quand on est locataire. On règle, tous les mois, à notre propriétaire, un loyer, sans pour autant qu’à notre mort nous puissions transmettre quoi que ce soit à nos héritiers. On n’attend (n’espère) la mort de personne me direz-vous ? Cela n’est pas faux.
Pour autant, on peut envisager les choses d’une manière différente. Les séniors aujourd’hui propriétaires sont souvent amenés à déménager pour trouver une habitation plus adaptées à leurs besoins. Une petite maison de plain-pied sera préférée au pavillon à étage acheté il y a 30 ans et la petite commune agréable et riche en commerce de proximité, semblera plus rassurante que la ferme familiale isolée au fin fond du Larzac.
C’est également pour nos anciens, une manière simple de compléter une retraite estimée trop juste qui oblige, certains d’entre eux, à reprendre une activité professionnelle tardivement alors que les trimestres de cotisations sont largement acquis. Je considère plutôt cela comme une preuve de solidarité où les deux parties sont gagnantes. Les vendeurs, parce qu’ils pourront disposer d’une somme leur assurant une meilleure qualité de vie, les acheteurs parce qu’ils bénéficient dans ce genre d’opération d’avantages fiscaux pour devenir propriétaire.

Très controversé, ce mode d’accession à la propriété est pourtant en pleine progression. Alors que certaines agences immobilières se spécialisent sur ce type de transaction, les avantages fiscaux liés à ces opérations vont sans doute attirer plusieurs de nos séniors. Au risque de faire grincer les dents de ceux qui considèrent le viager comme une option sur la mort.

Certains d’entre nous se souviennent peut-être du film Le viager de Pierre Tchernia dans lequel Michel Serrault survivait à une famille entière à qui il avait cédé sa maison en viager. De même, l’incroyable Jeanne Calment, la doyenne des français, est décédée en 1997 à l’âge de 122 ans, bien après son créancier. Ces exemples parfois drôles, parfois inquiétants mettent en évidence l’un des risques majeur du viager. Payer toute sa vie une rente pour devenir propriétaire et finalement ne pas en bénéficier. Si on y regarde de plus près, c’est tout de même un peu la même chose quand on est locataire. On règle, tous les mois, à notre propriétaire, un loyer, sans pour autant qu’à notre mort nous puissions transmettre quoi que ce soit à nos héritiers. On n’attend (n’espère) la mort de personne me direz-vous ? Cela n’est pas faux.

Pour autant, on peut envisager les choses d’une manière différente. Les séniors aujourd’hui propriétaires sont souvent amenés à déménager pour trouver une habitation plus adaptées à leurs besoins. Une petite maison de plain-pied sera préférée au pavillon à étage acheté il y a 30 ans et la petite commune agréable et riche en commerce de proximité, semblera plus rassurante que la ferme familiale isolée au fin fond du Larzac.
C’est également pour nos anciens, une manière simple de compléter une retraite estimée trop juste qui oblige, certains d’entre eux, à reprendre une activité professionnelle tardivement alors que les trimestres de cotisations sont largement acquis. Je considère plutôt cela comme une preuve de solidarité où les deux parties sont gagnantes. Les vendeurs, parce qu’ils pourront disposer d’une somme leur assurant une meilleure qualité de vie, les acheteurs parce qu’ils bénéficient dans ce genre d’opération d’avantages fiscaux pour devenir propriétaire.

lire l’article sur come4news >>

Les différentes formes de viager

Samedi 22 octobre 2011

Le viager aujourd’hui :

Le viager existe depuis plus de 200 ans, cette formule de transaction séduit de plus en plus car elle représente un  complément de retraite pour les personnes agées ayant une faible retraite. Cela leur permet également de rester chez soi tout en profitant de ce confort financier. Pour le vendeur cela lui permet d’accéder à la propriété plus facilement et même si on aurait l’idée de reprocher le pari sur la mort, ce dernier permet néanmoins d’aider un retraité à mieux vivre son quotidien. Le viager est également compatible avec les héritiers qui peuvent bénéficier de donation sur les sommes perdues du vivant du crédit rentier.

Comment cela marche?

L’acheteur verse un capital de départ puis des rentes viagère jusqu’au décès du vendeur. Le calcul se fait selon les tables d’espérance de vie, un spécialiste en viager permet d’appliquer très simplement des barèmes tels les assureurs. A noter que le viager est très encadré par l’administration fiscal.

Dans le cas du viager libre, il est possible pour l’acheteur de vivre tout de suite dans le bien.

Quelles sont les garanties ?

La vente peut être annulée en cas de non versement de la rente et si le débit rentier meurt avant le crédirentier, alors ce sont les héritiers qui doivent continuer à verser la rente. Il est possible dans ce cas de souscrire une assurance décès.

Sachez que le notaire ainsi qu’une agence spécialisée (InterViager du Cabinet Coysevox par exemple) restent les interlocuteurs privilégiées pour tous les renseignements utiles.

Ecouter l’article d’Europe 1 >> Les differentes formes de viager

Le boom du viager – Le journal de 13h de TF1

Jeudi 12 août 2010

Le viager revient au devant de la scène et sur TF1.

Patrick Legros nous présente une enquête sur les ventes en viager qui explose en temps de crise. Les personnes âgées souvent atteintes par des évènements imprévisibles (perte de proches, veuvage, perte de revenus…)  se hâtent alors de vendre leur patrimoine tout en restant chez eux. Seule cette forme de vente le permet alors ce complément de revenu devient un besoin.

Le boom du viager – Vidéo du journal televise : Le journal de 13h sur TF1. Dans ce JT : Cette forme de vente immobilière permet à une personne, souvent âgée

Acheter en viager : un véritable investissement gagnant-gagnant

Jeudi 3 juin 2010

Par Anne Michel, le 31 mai 2010

Le viager, spéculation sur la mort ? Non, un contrat gagnant-gagnant, qui permet à l’acheteur de devenir propriétaire dans de bonnes conditions et au vendeur de s’assurer une rente à vie, une bonne idée au moment où les retraites sont menacées.

Pourquoi acheter en viager ?
Cette formule vous permet de devenir propriétaire avec une faible mise de départ (le bouquet) par rapport à la valeur du bien, sans passer par l’intermédiaire d’une banque. En contrepartie, vous êtes soumis à l’aléa de la durée de vie du vendeur, qui, à l’inverse d’un prêt, ne peut être défini au départ.

Vous deviendrez alors débirentier et, à ce titre, vous verserez une rente au vendeur (le crédirentier), de la même façon qu’un acheteur réglerait ses échéances de prêt. “Beaucoup d’expatriés s’intéressent à ce placement”, note un professionnel. Ils investissent leurs indemnités de mobilité dans ce type d’achat à Paris et dans la région, afin de le récupérer à leur retour en France, par exemple. “De nombreux Parisiens misent aussi sur la Côte d’Azur via cette formule”, selon André Mattei, P-dg de l’agence Sud Viager à Marseille.

Bien que ce marché reste confidentiel, des annonces circulent sur le Net (www.solutionviager.com, www.viager-libre.fr, www.viagers-occupe.fr…) et certaines agences sont spécialisées dans ce type de vente.

Acheteur : vos 5 critères de valorisation
Qu’on le veuille ou non, acheter en viager oblige à s’interroger sur la longévité du vendeur. “Si le viager se dénoue dans quinze ans, il y aura un équilibre entre l’intérêt de l’acquéreur et celui du vendeur. Avant, l’opération sera à l’avantage du premier ; après, ce sera à celui du second”, explique Michel Artaz (1), directeur du Centre européen de viagers (wwww.fgp-cev.com). En revanche, si l’un des deux retraités devient centenaire, l’opération perdra tout son intérêt…

Plusieurs variables entrent en ligne de compte lors du calcul de la rente : la valeur vénale du bien, le bouquet, l’âge du vendeur, les charges. Le montant de la rente est déterminé librement entre les parties. Si vous faites appel à des professionnels, il faudra noter que les spécialistes n’utilisent ni les mêmes tables d’espérance de vie, ni les mêmes méthodologies. D’où des différences sensibles dans le montant de la rente. Certains spécialistes tels que Michel Artaz conseillent d’exiger des professionnels la mention du taux de rendement interne net du placement que peut espérer le vendeur au terme de son espérance de vie présumée. D’autres utilisent divers barèmes.

Malgré ces règles floues, il s’agit d’être prudent dans la détermination du prix final : la jurisprudence précise que celui-ci ne peut être “vil” ou “dérisoire”. Plus précisément, ce montant ne peut pas, pour un viager libre, être inférieur à la valeur de rendement du bien. On verra que le respect de cette jurisprudence est important, notamment en cas de recours des héritiers ou de l’administration fiscale.

Quid des impôts ?
Pour le loyer occupé, la répartition des charges dépend, là encore, d’une “convention entre les différentes parties, selon Alexandre Suay, avocat à Paris. En général, elles suivent les règles d’un bail classique”. Le vendeur réglera la totalité des travaux d’entretien et des réparations locatives et l’acheteur supportera les autres réparations. Au premier revient la taxe d’habitation, au second la taxe foncière. Notez que les rentes versées ne sont pas déductibles de l’impôt sur le revenu. En revanche, le capital constitutif de celles-ci apparaît au passif de l’ISF.

Vos 5 précautions indispensables
Assurez-vous de pouvoir payer votre rente à long terme. Le non-paiement des échéances peut conduire à une restitution du bien au vendeur, avec le risque que les arrérages et le bouquet restent acquis à ce dernier.

Souscrivez une assurance décès. “En effet, si l’acheteur décède avant le vendeur, le paiement de la rente sera transmis aux héritiers. Or ceux-ci ne sont pas toujours en mesure de l’acquitter”, prévient Alexandre Suay.

Eviter de n’acheter que la nue-propriété en viager. En effet, le rentier pourra alors louer le bien. Et vous prendrez le risque, une fois que le vendeur est décédé, qu’un locataire soit dans les lieux pour une période pouvant atteindre neuf ans !

N’oubliez pas de déclarer les sommes versées au crédirentier, sous peine d’être passible d’une amende égale à 5% de ces versements. Dans votre budget, n’omettez pas d’intégrer les charges annuelles du bien, mais aussi les frais de notaire ; ceux-ci seront calculés sur la valeur du bien occupé (inférieure à la valeur libre) si le vendeur reste dans les lieux.

1. Auteur de Viagers, régime juridique et fiscal, aux éditions Dalloz.

Source : Article Moneyweek

Vendre en viager : pensez à calculer votre rente pour assurer votre pouvoir d’achat !

Mardi 1 juin 2010

Par Anne Michel, le 31 mai 2010

Pourquoi vendre en viager ?
Propriétaire d’une villa, vous désirez couler vos vieux jours chez vous et vous assurer une retraite confortable. Une préoccupation d’autant plus légitime, aujourd’hui, que les retraites sont menacées. Vendre votre bien en viager peut être une solution à retenir. Outre le bouquet, vous recevrez une rente à vie, qui plus est indexée sur l’inflation. Mais, si vous voulez vous assurer des revenus décents, inutile de vous improviser rentier avant 65 ans dans le cas du viager libre et avant 75 ans pour le viager occupé.

Vendeur, vos 2 choix : droit d’usage et importance du bouquet
Qu’il s’agisse de l’acheteur ou du vendeur, les méthodes de calcul de la rente restent identiques. En fonction des solutions choisies, des ajustements seront à prévoir. Ainsi, en tant que crédirentier, vous bénéficiez du droit d’usage et d’habitation, mais vous ne pouvez pas louer, même temporairement, votre villa. Or vous pensez entrer dans une maison de retraite dans quelques années ; dans ce cas, optez pour l’une des solutions suivantes : soit vous prévoyez une augmentation de la rente en cas de départ anticipé, soit, si vous êtes certain de quitter votre villa à une date donnée (dans 10 ans, par exemple), vous limiterez votre durée d’occupation à 10 ans. “Le calcul de la valeur occupée sera alors effectué pour cette période limitée. En revanche, la rente, elle, sera calculée sur votre espérance de vie”, selon Michel Artaz. La rente sera plus importante si vous optez pour le viager libre. “Elle sera comprise entre 3 200 et 3 800 euros mensuels pour un bien d’une valeur de 700 000 euros vendu avec un bouquet de 150 000 euros par une crédirentière âgée de 75 ans”, évalue Michel Artaz, soit plus du triple de la rente d’un viager occupé !

Notez que, pour assurer votre pouvoir d’achat, une clause d’indexation de la rente (sur l’indice des prix à la consommation, du coût de la construction, etc.) devra être mentionnée dans votre contrat. En cas de désaccord entre vous et l’acheteur, la réévaluation se fera selon un barème mis à jour annuellement par la loi de finances.

Quid des impôts ?
Vos revenus seront imposés de manière dégressive : 70% au-dessous de 50 ans, 50% entre 50 et 59 ans, 40% entre 60 et 69 ans et 30% après 70 ans révolus. Par ailleurs, le capital représentatif de la rente au 1er janvier de l’année d’imposition entre dans l’assiette ISF. Notez qu’il y a une exonération des droits de succession en cas de réversion entre époux et entre parents en ligne directe.

Vos 3 précautions essentielles
De par la spécificité de la vente en viager, le bien est dit “aliéné”. A votre décès et en l’absence de clause de réversibilité, vos héritiers n’auront aucun droit sur le bien. Mieux vaut les prévenir, afin d’obtenir leur accord.

L’opération qui consiste à vendre à un tiers, que vous voulez favoriser, en lui consentant une rente inférieure à la valeur du marché est déconseillée. Les héritiers mais aussi l’administration fiscale pourront tenter de l’annuler. Par ailleurs, s’il est prouvé que l’acheteur est au courant de la maladie du vendeur, la vente pourra être annulée pour absence d’aléa.

Veillez à ce qu’une clause vous protège en cas d’impayés. Celle-ci doit vous permettre de demander l’annulation du contrat de vente en cas de “défaut de paiement d’une échéance” ou de “défaillance de l’acquéreur”. Votre notaire mentionnera dans l’acte les garanties nécessaires à votre protection.

Article Moneyweek

Aléa et vente en viager : à la recherche de l’équilibre

Jeudi 25 mars 2010

par Maître Isaac LOUBATON

Avocat au Barreau de Paris depuis 1990

A l’heure où le système des retraites montre ses limites, certains se tournent vers d’autres moyens de conserver un certain niveau de vie : le viager peut être une solution. Cet instrument qui n’est pas toujours adapté est à manier avec précaution. Il ne s’agit pas ici d’en étudier l’opportunité mais simplement d’en rappeler les règles essentielles énoncées par les textes et rappelées par la jurisprudence.

Le contrat de vente d’un immeuble en viager permet à une personne âgée n’ayant pas d’héritier de vendre son bien afin de se procurer un revenu et éventuellement un droit de jouissance sur ce bien jusqu’à son décès.

Le prix de vente est composé d’une partie que l’on appelle le  » bouquet  » que le vendeur perçoit dès la signature et d’une autre partie que l’on appelle la rente qu’il percevra mensuellement jusqu’à son décès.

Cette rente est calculée à partir de tables qui prennent en compte l’âge du vendeur.

La vente en viager est régie par les articles 1968 et suivants du Code civil.

Selon l’article 1974 «  tout contrat de rente viagère créé sur la tête d’une personne qui était morte au jour du décès ne produit aucun effet.  »

Il en est de même selon l’article 1975 du Code civil, du contrat par lequel la rente a été créée  » sur la tête d’une personne atteinte de la maladie dont elle est décédée dans les 20 jours de la date du contrat « .

Selon la jurisprudence, cet article n’éxige ni que la mort imminente du crédirentier ait été prévue par son cocontractant ni même que l’existence de la maladie ait été connue ; il suffit que le crédirentier soit décédé d’une maladie qui avait déjà attaqué son organisme lors du contrat, même si rien à cette date ne permettait de penser qu’il était menacé d’une fin prochaine.

Il a à cet égard été jugé que lorsque le crédirentier est décédé d’une manière brutale, imprévue et imprévisible d’un iuctus apoplectique (hémorragie cérébrale), son état latent d’artério-sclérose ne peut être considéré comme la maladie visée par l’article 1975.

Un décès au delà des 20 jours peut néanmoins entraîner la nullité de la vente pour absence d’aléa, lorsque l’acheteur, familier du vendeur, n’ignorait pas, le jour de la conclusion de la vente, que le décés du vendeur était imminent.

L’article 1976 du Code civil dispose par ailleurs que «  la rente viagère peut être constituée au taux qu’il plait aux parties contractantes de fixer.  »

La vente en viager suppose cependant un aléa sur le prix final de vente qui, par définition, va dépendre de la durée de vie du propriétaire.

Ce type de vente génère un contentieux qui porte souvent sur la vileté du prix et donc sur l’absence d’aléa pour l’acheteur.

Les héritiers, invoquant l’insuffisance de la rente, voudront solliciter la nullité de la vente pour ces motifs.

Selon la jurisprudence :

- « pour apprécier la vileté du prix, il convient de comparer les revenus de la propriété et des intérê ts du capital qu’elle représente avec la valeur des prestations fournies (prestations correspondant à un prix en partie payable comptant, le solde étant converti en rente viagère, avec réserve d’un droit d’usage et d’habitation au profit du vendeur) » (Cass. Civ. 1ère 4 juill. 1995, Bull. civ. I n° 304).

- « lorsque le vendeur s’est réservé la jouissance du bien vendu, l’appréciation de l’aléa et du caractère sérieux du prix se fait par comparaison entre le montant de la rente et l’intérêt que procurerait le capital représenté par la propriété grevée de cette réserve » (Civ. 3ème 16 juillet 1998, Bull. civ. III, n° 369).

- « la vente peut être validée comme ayant été consentie moyennant un prix sérieux sans qu’il y ait lieu de comparer la rente et les revenus du bien dès lors que l’acquéreur payait une partie du prix au comptant et était totalement privé de la jouissance du logement acquis par suite d’une réserve du droit d’usage par le vendeur ». (Cass. 3ème civ. 20 avril 1982, Demarge c/ Duru, CA Colmar 4 juin 1985, RJ Alsace Lorraine, oct. 1985, p. 243).

Récemment, la Cour de cassation (arrêt du 13 novembre 2008) a considéré que le grand âge du crédirentier (vendeur) ne supprimait pas à lui seul le caractère aléatoire d’une vente consentie contre le versement d’une rente viagère.

Dans cette affaire le vendeur, alors âgé de 93 ans, avait vendu, par acte du 29 juin 2000, un bien immobilier moyennant le versement d’un capital de 1.000.000 francs et d’une rente viagère d’un montant annuel de 144.000 francs, l’acte précisant que les acquéreurs n’auraient la jouissance du bien qu’au décès du crédirentier. Après ce décès, survenu le 13 octobre 2001, ses héritiers, invoquant l’insuffisance de la rente, ont assigné les acheteurs en nullité de la vente pour vileté du prix et absence d’aléa.

Déboutés de leur demande, les héritiers ont fait valoir devant la Cour de cassation les deux moyens suivants :

«  1°/ qu’en se bornant à énoncer que la rente contractuellement prévue correspond à une rémunération annuelle de plus de 13,50 % du capital représenté par la propriété grevé de la réserve de jouissance, ce qu’aucun placement ne permet d’obtenir, pour en déduire que le prix de vente n’est pas dérisoire, sans répondre au chef péremptoire des conclusions des consorts X… qui faisaient valoir que pour apprécier le caractère sérieux du prix, il convenait également de tenir compte de l’âge du crédirentier, de son espérance de vie, et, partant, de la durée pendant laquelle la rente annuelle pouvait, raisonnablement, être due, et qu’en l’espèce, cette somme était dérisoire, puisque le vendeur était âgé de 93 ans au jour de la vente, la cour d’appel a violé l’article 455 du code de procédure civile ;

2°/ qu’en se bornant à énoncer que la rente contractuellement prévue correspond à une rémunération annuelle de plus de 13,50 % du capital représenté par la propriété grevée de la réserve de jouissance, ce qu’aucun placement ne permet d’obtenir, pour en déduire que le prix de vente n’est pas dérisoire, sans rechercher, comme elle y était pourtant invitée par les conclusions d’appel des consorts X…, si, indépendamment du point de savoir si le montant de la rente annuelle correspondait, en théorie, à une rémunération annuelle satisfaisante, l’absence d’aléa de la vente ne résultait pas du fait que, pour atteindre la valeur vénale du bien immobilier, soit la somme de 161 291,06 euros, après déduction du droit d’usage et du bouquet, la rente annuelle de 21 952,66 euros aurait dû être versée pendant plus de sept ans, soit une durée excédant l’espérance de vie du vendeur, âgé de 93 ans au moment de la vente, la cour d’appel a privé sa décision de base légale au regard des articles 1591, 1694 et 1976 du code civil.  »

Ces arguments ont été rejetés au motif que le grand âge du crédirentier ne supprimait pasà lui seul le caractère aléatoire d’une vente consentie contre le versement d’une rente viagère.

Il n’est pas ininteressant de rapprocher cette affaire de celle jugée le 9 décembre 2008 par la Cour d’appel d’Aix en Provence.

La demande d’annulation s’articulait autour de deux arguments : le défaut d’aléa résultant de l’état de santé du crédirentier et de l’insuffisance du taux de la rente.

La Cour écarte le premier moyen au motif que «  le décès du crédirentier n’étant intervenu que près de quatre ans plus tard les acheteurs ne pouvaient être persuadés de son caractère imminent et dès lors, il ne peut être considéré que le contrat de rente viagère était dépourvu de tout aléa du fait de la gravité de l’état de santé du crédirentier.  »

En revanche, sur le défaut d’aléa résultant de l’insuffisance du taux de la rente, la Cour relève que près de deux ans après la signature du contrat prévoyant une rente viagère d’un montant mensuel de 7 000 francs, le bien immobilier constituant le capital de la SCI procurait à celle-ci un revenu de près du triple de cette somme.

Le fait que les arrérages de la rente se trouvaient largement inférieurs aux revenus générés par l’immeuble, ce que les débirentiers ne pouvaient ignorer au jour de l’acte de cession, entraîne selon la Cour, la disparition de tout aléa puisqu’ils étaient certains d’obtenir un bénéfice immédiat très au délà de l’espérance de vie du crédirentier.

La Cour de cassation exige des juges du fond qu’ils recherchent si le prix de l’ensemble des conditions de la vente était vil et si la conversion d’une partie du prix en rente viagère était conforme aux règles usuelles en la matière.

Elle a ainsi approuvé une Cour d’appel, ayant constaté que la valeur vénale de l’immeuble, fixée dans l’acte à 2.200.000 F, s’élevait en réalité à 4.860.000 F, et que la rente, calculée en tenant compte de l’âge des deux crédirentiers, de la réserve du droit de jouissance et de la charge des grosses réparations, excédait de plus du double celle prévue, qui avait retenu que le montant de la rente était dérisoire et que la vente était dépourvue d’aléa, le débirentier étant certain d’obtenir un bénéfice très au delà de la durée d’espérance de vie des crédirentiers (Cass. civ. 12 juin 1996).

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