Archive pour la catégorie ‘Articles sur le viager’

Tout savoir sur le viager

Samedi 13 mars 2010
Les espérance de vie prises en compte par les assureurs pour les  viagers financiers sont supérieures à celle de l'Insee.
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Les espérance de vie prises en compte par les assureurs pour les  viagers financiers sont supérieures à celle de l'Insee.
Les espérance de vie prises en compte par les assureurs pour les viagers financiers sont supérieures à celle de l’Insee.

Une solution pour se procurer des revenus réguliers ou acquérir un bien immobilier
Marie-Christine Sonkin | JDF HEBDO | 13.03.2010 | Mise à jour : 22H28

Les conseils de la rédaction pour bien acheter, ou vendre, en viager.

La rente viagère immobilière, la plus ancienne des retraites au monde, renaît. Les vendeurs sont en effet de plus en plus nombreux, pour plusieurs raisons : stagnation des retraites classiques, performances moindres des placements financiers, allongement de l’espérance de vie. Parallèlement, les dépenses des retraités sont chaque année plus élevées. Entre les charges de copropriété et les dépenses de santé, les comptes ont tendance à basculer dans le rouge.
Encore faut-il convaincre les acquéreurs d’effectuer de telles opérations. Car la durée du viager, liée à l’espérance de vie, augmente chaque année, et la rente est indexée sur le coût de la vie. Par ailleurs, un contexte de taux d’intérêt bas rend une simple opération à crédit très attrayante, ce qui concurrence l’option viager. Enfin, celle-ci ne bénéficie pas des avantages fiscaux liés aux opérations d’investissement locatif dans le neuf.
Dès lors, ce marché reste très marginal. Il représente aujourd’hui moins de 1 % des ventes immobilières. Pourtant, une acquisition en viager n’est pas dénuée d’atouts.
Le viager libre, une denrée rare
Le viager libre, souvent recherché par les acquéreurs, est rare ; il ne représente que 5 % du marché du viager. Les vendeurs peuvent avoir intérêt à y recourir pour éviter les soucis et le coût d’une gestion locative. Le viager offre une plus grande sécurité et une fiscalité plus légère (même si elle est encore trop lourde : voir notre prochain article consacré à la fiscalité) que celle des revenus fonciers.
A quel âge peut-on envisager de vendre en viager  libre ? L’opération est réaliste à partir de 60 ans, dès l’instant où le vendeur accepte un bouquet et une rente modeste. A 65 ans, le taux de rente sera de l’ordre de 6 % par an pour un crédirentier et de 5 % par an pour une crédirentière.
L’âge optimal se situe cependant entre 70 et 80 ans : au-delà, le taux de rente viagère est très élevé et peut-être difficilement supportable pour l’acquéreur. Les mensualités sont alors supérieures à celles d’un prêt classique, dont la durée sera théoriquement plus longue que l’espérance de vie du vendeur, sauf exception ! En fait, plus l’âge est élevé, plus le bouquet devrait être important. Attention, toutefois, celui-ci ne pourra pas être financé par un prêt bancaire avec comme garantie le bien acheté : le vendeur bénéficie d’un privilège de vendeur assorti d’une clause résolutoire incompatible avec les garanties bancaires classiques.
De son côté, l’acquéreur peut avoir intérêt à investir en viager pour plusieurs raisons. Si le vendeur est jeune, la rente versée sera souvent proche d’un loyer. Elle permettra ainsi à l’acheteur de devenir propriétaire, alors que, avec un prêt bancaire, la charge financière serait plus lourde dans un premier temps. Un avantage aujourd’hui restreint, la faiblesse des taux d’intérêt permettant de réduire le montant des mensualités.
Autre version, cette fois beaucoup plus usitée, le viager occupé, qui représente 95 % du marché. Il permet au vendeur de continuer à vivre dans son habitat, tout en recevant un bouquet (comptant) vivement conseillé et une rente viagère indexée sur le coût de la vie, mais aussi d’alléger ses charges de propriétaire. Dans la quasi-totalité des cas, il ne supportera plus que les charges dites locatives.
L’âge optimal pour vendre se situe au-delà de 75 ans. Bien entendu, l’opération peut être effectuée avant. Le bouquet et la rente seront alors modestes, considérant la longue espérance de vie des vendeurs. Un complément de rente devra être prévu en cas de libération anticipée.
L’opération viagère peut également être intéressante pour l’acquéreur. Il s’agit d’une opération à moyen ou long terme dont le coût devra cependant être facilement supportable, considérant les inconnues liées à l’espérance de vie du vendeur et à l’indexation de la rente. En outre, il évitera les soucis traditionnels de gestion locative et la lourde fiscalité des revenus fonciers. Après la disparition du vendeur, il pourra revendre soit au comptant, soit à son tour en viager.
Une fiscalité spécifique
Car si la vente en viager suppose l’aliénation du bien, ce qui n’est pas un moindre inconvénient, elle permet non seulement de conserver la jouissance du bien, mais aussi de bénéficier d’une fiscalité moins dissuasive que celle des revenus fonciers classiques. En effet, seule une fraction de la rente viagère constituée à titre onéreux est imposable.
Cette fraction est déterminée d’après l’âge du crédirentier lors de l’entrée en jouissance de la rente (et non à la date d’aliénation), et fixée à :
- 70 % si l’intéressé était âgé de moins de 50 ans ;
- 50 % s’il était âgé de 50 à 59 ans inclus ;
- 40 % s’il était âgé de 60 à 69 ans inclus ;
- 30 % s’il était âgé de plus de 69 ans, c’est-à-dire à 70 ans révolus.
Autrement dit, les personnes qui commencent à percevoir leur rente après leur soixante-dixième anniversaire bénéficient d’un abattement de 70 %. En outre, si la rente a été constituée sur la tête de deux époux avec réversibilité au profit du survivant, il est admis de retenir, pour la fraction imposable de la rente, l’âge de l’aîné au moment de l’entrée en jouissance de la rente viagère. Les prélèvements sociaux (12,1 %) s’appliquent également uniquement sur la fraction imposable de la rente.

NOTRE CONSEIL
Une opération viagère est complexe, tant sur le plan des calculs que sur le plan juridique
et fiscal, pour chacune des parties, qui sont engagées sur une longue période. Que vous soyez acheteur ou vendeur, adressez-vous impérativement à un vrai spécialiste, bénéficiant d’une longue expérience, avant de signer. Pour en savoir plus : Viagers, régime juridique et fiscal (51 euros, 226 pages), aux éditions Dalloz (Delmas), de Michel Artaz (www.ipviager.com).

Les avantages du viager sur les ondes (France Info)

Jeudi 25 février 2010

Quoi de mieux pour arrondir sa retraite que le viager ? Une formule qui revient en force… Il permet à des personnes dont la retraite est peu élevée de se procurer un pécule, souvent une rente trimestrielle, qui peut compéter les revenus.

Ecouter l’article sur France Info >>

Vidéo : Artaz explique le viager à la Fnaim

Mercredi 10 février 2010

Février 2010 : Tout savoir sur le viager

Vieillissement de la population, avenir incertain des retraites… le viager semble promis à un bel avenir. Avant de se lancer, il est important de comprendre le fonctionnement ainsi que les avantages et les inconvénients d’une vente en viager. Être conseillé par un spécialiste en la matière reste la meilleure solution pour éviter les mauvaises surprises.

Explications de Michel Artaz, Directeur du Centre Européen de Viagers.

Voir la video >>

http://www.fnaim.fr/immobilier-pratique/actu-tv/reponse-d-expert/fevrier-2010-tout-savoir-sur-le-viager.html

Le viager : investir à long terme avec un capital modeste

Samedi 6 février 2010

La vente en viager est concrètement réservée aux seniors

Le viager, régime datant de plus de 2 000 ans dans le Code civil, est revenu sous les feux de l’actualité en raison de la création récente du prêt viager hypothécaire et de la survenance  de la crise économique. Il a, par ailleurs, fait l’objet d’une étude du Conseil économique et social en 2008, qui préconise sa modernisation pour en développer l’usage.

La vente immobilière en viager consiste à céder un bien à une personne appelée « le débirentier » qui devra, en contrepartie, verser au vendeur appelé le « crédirentier » une rente jusqu’à son décès. Elle semble, en effet, aujourd’hui trouver de plus en plus d’adeptes pour plusieurs raisons.

Le mode opératoire
Les personnes âgées majoritairement propriétaires de leur résidence principale peuvent, en vendant leur bien dans ce cadre, se constituer, jusqu’à la fin de leurs jours, un complément de revenus pour pallier une retraite insuffisante. Ceci, bien sûr, tout en continuant à occuper leur logement jusqu’à leur décès.
L’acheteur de son côté peut investir dans un bien immobilier avec une mise de départ réduite sans avoir à passer par l’intermédiaire d’un organisme financier. Il s’agira pour lui d’un placement, avec en prime, l’espoir de faire une bonne affaire. L’aléa lié à la durée de vie du vendeur est, en effet, l’élément déterminant de ce type de vente.
La vente immobilière en viager, même si elle constitue une vente presque comme les autres, reste  malgré tout une opération complexe à mettre en œuvre qui nécessite le recours à des spécialistes ‘agents immobiliers, notaires). Notamment pour la détermination du montant de la rente. Le contrat doit également être adapté au moyen de certaines clauses (réversibilité de la rente, durée de versement, indexation…).

Viager signifie « temps de vie » en vieux français.
C’est un régime ancien, souvent mal connu, règlementé par les articles 1968 à 1983 du Code civil.  La vente du bien intervient en échange du versement au vendeur d’une rente à vie. Beaucoup de gans oint aujourd’hui une image caricaturale et négative de la vente en viager. C’est le pari sur la mort du vendeur qui lui donne cette connotation négative.
La particularité essentielle de la rente en viager est, en effet, que la durée de versement de la rente et, par conséquent, le coût total de l’acquisition ne sont pas connus à l’avance puisqu’ils dépendent d’un événement imprévisible, le décès du vendeur.
Qui n’a pas entendu parler de l’affaire Jeanne Calment, cette femme décédée à 122 ans après avoir enterré son notaire, qui avait acheté sa maison en viager bien des années auparavant. Ce cas est bien sûr assez rare, mais ce qui est certain, c’est que plus le décès survient rapidement, plus l’acquéreur est gagnant. A l’inverse, face à un vendeur d’une longévité exceptionnelle, l’acquéreur payera le bien beaucoup plus cher que sa valeur. Il y a donc un risque, à la fois pour le vendeur et pour l’acquéreur, cet aléa est une condition « sine qua non » de la vente en viager. S’il n’existe pas, la vente peut être annulée en justice

Un marché peu développé
La vente en viager bien qu’aujourd’hui encore assez peu répandue pourrait connaître un regain d’intérêt du fait de l’avenir incertain des retraites. Le nombre de transactions se situe dans une fourchette allant de 2 000 à  5 000 ventes par an, une dizaine d’opérateurs spécialisés se partageant ce marché étroit, essentiellement en région parisienne, sur la Côte d’Azur, à Lyon et Bordeaux.
Bien que la vente en viager jouisse toujours d’une mauvais réputation, vendeurs et acquéreurs peuvent chacun y trouver leur compte : les uns pour se constituer un complément de retraite par exemple et les autres pour faire un placement avec l’espoir de faire une « bonne affaire ». Le viager est un moyen original d’accéder à la propriété qui peut répondre à différentes problématiques patrimoniales.

Les questions
Quelles clauses prévoir dans le contrat ? Comment le montant de la rente est-il déterminé ?  Est-elle revalorisée ?  Quelles garanties le vendeur doit-il prendre ? Qui prend en charge les travaux du logement ? Que devient la rente au décès du vendeur ou de l’acquéreur ?
Vous trouverez réponse à toutes ces questions, et bien d’autres encire, notamment le point sur la fiscalité de ce type de vente et la récente formule du prêt viager hypothécaire dans un ouvrage de référence édité par Le Particulier Editions.

Bibliographie : La vente en viager (Intérêt, Contrat, rente, Fiscalité, Extinction, Prêt viager hypothécaire.) Le particulier Editions – 145 pages -  23€

La « vente à terme », un autre type de viager

Lundi 1 février 2010

Hervé s’interroge sur le principe de la vente à terme, une sorte de viager, à une différence près : la rente mensuelle est limitée dans le temps, en moyenne à 10 ou 15 ans. Spécialiste du sujet, Hervé Lapous nous explique ce type de transaction, encore assez marginal dans l’univers immobilier.

Un de nos lecteurs, Hervé, s’interroge sur la vente à terme :
Bonjour,
propriétaire d’une maison de village dans l’Aude, j’aimerais connaître le maximum de renseignements sur la vente à terme.
Quels sont les avantages et les inconvénients pour le vendeur ?
Le bouquet de départ doit-il être important ?
Les mensualités sont-elles soumises à une durée moyenne dans le temps?

Il faut tout d’abord savoir que la vente à terme est une sorte de viager. Et le viager, tout le monde connaît. Le film du même nom avec Michel Serrault et la croustillante anecdote du malheureux notaire qui acheta son logement à Jeanne Calment ont contribué au mythe de cette pratique immobilière, mais aussi à sa mauvaise image. Agent immobilier spécialisé dans le viager, Hervé Lapous a donc eu l’idée de proposer une autre option à ses clients : la vente à terme.

Maison à part : Quelle est la différence entre un viager et une vente à terme ?

Hervé Lapous : Contrairement au viager, dont la rente dure jusqu’au décès du vendeur, la vente à terme est en fait une vente à crédit du bien. Elle est limitée dans le temps. L’acquéreur sait d’emblée combien de temps il va payer la rente mensuelle qui s’étire, en moyenne, sur dix à quinze ans. Toutefois, comme pour le viager, le vendeur bénéficie d’un droit d’habitation jusqu’à la fin de sa vie.

MAP : Quels sont les avantages de la vente à terme pour le vendeur?

H. L. : Ce mode de transaction présente trois principaux avantages pour le ou les vendeurs : si celui-ci décède avant l’échéance des rentes, il doit savoir que ses enfants héritent de ses mensualités. Autre bonne raison de contracter une vente à terme plutôt qu’un viager, la rente mensuelle n’est pas imposable car il s’agit d’un crédit sur la résidence principale. En outre l’indexation de la rente est fixée sur le coût de la construction qui est actuellement de 5,5% alors que le viager classique n’est qu’à 2,5%. Enfin, le vendeur sait que l’acquéreur ne va pas spéculer sur sa mort, puisque les rentes mensuelles ne sont pas établies en fonction de sa durée de vie.

MAP : Quels sont les inconvénients de la vente à terme pour le vendeur?

H. L. : Si chaque situation est à étudier au cas par cas, le vendeur devra en général être assez âgé pour que les acquéreurs puissent espérer avoir leur bien peu de temps après la fin du versement des rentes. L’espérance de vie continuant d’augmenter, un acquéreur signera plus facilement avec une personne qui vend à 80 ans qu’avec une autre, « seulement » âgée de 70 ou 75 ans.

MAP : Quels sont les avantages de la vente à terme pour l’acquéreur ?

H. L. : L’acquéreur n’a plus le risque de perdre tout son argent dans ce type de transaction puisqu’il connaît d’avance le prix de revient du bien, à peu de chose près. Comme il suit l’indexation fixée sur le prix de la construction, ce coût ne peut pas varier au delà de 10% maximum.

MAP : Quelles sont les garanties pour le vendeur ?

H. L. : Les garanties sont les mêmes que pour le viager, en l’occurrence : une hypothèque de premier rang. Un système qui permet au vendeur, en cas de non paiement de la mensualité par l’acquéreur, d’annuler la vente et de récupérer la pleine propriété de son bien.

MAP : Le bouquet de départ doit-il être important ?

H. L. : Comme pour le viager, la mise de départ, également appelée « bouquet » d’une vente à terme est calculée en fonction de l’âge du vendeur. Elle s’échelonne, en général, entre le quart et le tiers du prix total du bien. A noter que plus le vendeur est âgé, plus le bouquet de départ sera élevé.

MAP : Quelles taxes continuent d’être facturées au vendeur ?

H. L. : Le vendeur est assimilé à un locataire. De ce fait, il paye les trois quarts des charges locatives, les ordures ménagères présentes sur son avis d’imposition et la taxe d’habitation. En revanche, c’est à l’acquéreur de verser l’impôt foncier, d’assurer les charges de la copropriété et l’ensemble des gros travaux du logement.
Trois types de viagers :
Outre la vente à terme, Frédéric Kaumbadjiam, qui dirige la société « Tradition immobilière », rappelle qu’il existe deux autres types de viagers : le viager libre et le viager occupé. « Dans le premier cas, qui est aussi le plus recherché, l’acquéreur peut réaménager le bien et y vivre, tout en payant la rente. A l’inverse, lorsque le viager est dit ‘occupé’, les vendeurs habitent le bien et ce, jusqu’à la fin de leur vie. Ce deuxième cas est le plus courant. Il représente 80% à 85% des viagers. »
L’avis du notaire :
« La ‘vente à terme’ est un procédé assez ancien, explique Fabrice Luzu, notaire à Paris. Cette forme de crédit qu’accorde le vendeur à l’acquéreur du bien était très souvent pratiquée avant la fin des années 60 et l’arrivée du prêt bancaire. Depuis, ce type de paiement est devenu assez rare. Il peut intervenir lors de la vente d’un premier bien pour en acheter un autre, entre des sociétés qui achètent des actions dont le montant peut varier ou comme forme économiquement voisine du viager. Dans ce dernier cas, la vente à terme assure un paiement certain et échelonné, tandis que le viager propose une vente aléatoire soumise à un aléas : la vie du vendeur, autrement appelé le crédit rentier. Toutefois, il faut savoir que dans ces deux cas, les risques de procédures judiciaires, notamment pour non-paiement par l’acquéreur, restent plus élevés que dans un système de vente classique ».

Leslie Cottenceau-Mathurin (07/09/2009)

extrait de l’article Maison appart

Le viager, un dispositif ancestral qui connait une nouvelle jeunesse

Mercredi 13 janvier 2010

Le viager est une variante de la vente immobilière. Elle est bien connue des français à travers la littérature et parfois, la tradition familiale qui rapporte telle ou telle anecdote d’une affaire, bonne ou mauvaise, réalisée avec ce dispositif. Le cinéma s’est emparé lui aussi de ce thème avec un film devenu un classique et l’actualité également a offert quelques histoires édifiantes avec, entre autres, celle de Jeanne Calment, un moment doyenne de l’humanité, qui a, par sa longévité (122 ans), désespéré deux générations d’acquéreurs de sa maison d’ARLES.

Le viager est souvent utilisé par des gens âgés pour se procurer un complément de ressource au moment de leur retraite tout en conservant l’usage du bien vendu, et ce, jusqu’à la fin de leur vie. C’est souvent le cas de commerçants qui, n’ayant pas eu l’opportunité de cotiser assez à une caisse de retraite et ne retirant de la vente de leurs fonds assez de capital « mettent en viager », selon l’expression populaire, leur patrimoine immobilier. Le viager possède son vocabulaire particulier. Ainsi, en droit, le vendeur d’un bien en viager est appelé « crédirentier » tandis que l’acheteur est le « débirentier ». L’un est créditeur de la vente quand l’autre en est le débiteur. Il revient au notaire de rédiger le contrat de vente en viager. A la signature de l’acte, le bien ainsi cédé devient la propriété de l’acheteur mais il n’en n’a la jouissance qu’au décès du dernier occupant signataire de l’acte. L’acquisition d’une maison, d’un appartement ou d’un terrain en viager peut se payer de différentes façons, sous forme de « bouquet » ou de « rente ».

Le bouquet est le versement comptant d’un capital le jour de la vente. Le versement du bouquet diminue d’autant le montant total de la vente restant du si le versement d’une rente est prévu à l’acte. Le montant du bouquet est fixé librement entre acheteur et vendeur mais le conseil et l’expertise du notaire sont nécessaires afin que l’opération soit équilibrée. Plus le bouquet est important, moins la rente est élevée. Plus le vendeur est âgé, plus le bouquet est important. La rente viagère est la somme versée à échéances régulières au crédirentier jusqu’au décès de ce dernier. Cette rente peut être consentie sur une ou deux têtes quand c’est un couple qui est crédirentier. Comme celui du bouquet, le montant de la rente est librement fixé entre acheteur et vendeur. Il dépend de l’âge et de l’espérance de vie du crédirentier. Ce calcul est bien sûr complexe et délicat. Là encore, le rôle du notaire est essentiel. Le mode d’estimation du bien mis en viager et le mode de règlement de la vente ont pour conséquence directe que si le crédirentier décède en deçà ou au-delà de la moyenne statistique, le débirentier paiera le bien moins cher ou plus cher que la valeur de ce bien tel que fixé au moment de la signature de l’acte.

Certains voient dans cette mécanique une sorte de pari immoral sur la durée de vie de l’une des parties. Ce pari joue dans les deux sens car, comme on l’a vu avec le cas de Jeanne Calment, si le débirentier décède avant le crédirentier, et si ses éventuels héritiers ne peuvent verser la rente, ce dernier peut récupérer la pleine propriété de son bien et peut le remettre en vente viagère. La rente peut en outre être indexée sur le taux d’inflation. Outre la certitude de demeurer usufruitier du bien cédé en viager, pour le crédirentier ce système comporte des avantages fiscaux et successoraux non négligeables que le notaire saura exposer dans les détails. Globalement, on peut dire que le bouquet peut être converti en donation aux enfants et petits enfants. La rente viagère bénéficie d’un abattement fiscal de 150 000 euros pouvant venir en avance sur héritage. L’avantage fiscal lié à la perception d’une rente viagère est lié à l’âge du crédirentier. Les notaires et les spécialistes du viager immobilier sauront vous renseigner sur tous les détails du dispositif fiscal lié à ce type d’opération.

Le viager peut aussi porter sur un bien laissé libre par le crédirentier. Dans le cas du viager libre le débirentier dispose complètement du bien et peut, à son gré, l’occuper ou le louer. Le viager libre ne représente cependant que 5% du marché. Une précision qui soulagera la conscience des éventuels acheteurs : l’aléa est la condition obligatoire et impérative du viager. A la conclusion du contrat, le décès futur du vendeur doit être imprévisible. Si l’acheteur a connaissance d’une maladie possiblement mortelle du vendeur, il n’y a plus d’aléa et l’acquisition en viager ne peur avoir lieu sauf nullité de cette vente sur recours des héritiers.

Par sa complexité mais aussi par la somme des avantages et facilités que le viager peut représenter pour les parties, cette formule nécessite l’avis et l’intervention de spécialistes au premier rang desquels figure le notaire. Dans un marché économique difficile, au moment où la retraite est pleine d’incertitudes, le viager connaît un regain d’intérêt. Le vieillissement de la population est aussi un élément important qui vient conforter ce dispositif ancestral du droit français.

Cet article a été publié dans la Revue des Notaires n°51.